Rechercher dans ce blog

samedi 23 octobre 2021

14-06-2021 Un CNOSF pour quel club ?

 Le CNOSF est la voix du mouvement sportif en France et serait donc la voix des clubs. 

https://patrickbayeux.com/editos/un-cnosf-pour-quel-club/


Selon les statuts du CNOSF   https://cnosf.franceolympique.com/cnosf/fichiers/File/CNOSF_Juridique/CNOSF_Statuts_et_Administratif/2017statuts_cnosf.pdf en sa qualité de représentant du mouvement sportif français le CNOSF a pour objet
« de promouvoir l’unité du mouvements sportif dont les composantes sont les fédérations sportives, les associations et sociétés sportives qui leur sont affiliées ainsi que leurs licenciés et autres pratiquants … »
« de représenter le mouvement sportif et de défendre ses intérêt dans tous les domaines le concernant directement ou indirectement, afin de bénéficier d’un environnement législatif et réglementaire adapté aux actions sportives et de développer son apport sociétal, mais aussi social, économique et culturel, au bénéfice de la France ».
« de contribuer à assurer la transversalité des missions d’intérêt général du sport, en réunissant tous les acteurs dans une démarche de complémentarités des actions basées sur des valeurs partagées, de mettre ainsi le sport au service de la nation et de l’humanité et de favoriser l’accès aux activités physiques et sportives de tous, et à tous les ages de la vie dans les associations et les clubs fédéraux ».


Le CNOSF comprend 108 fédérations. Mais les fédérations olympiques minoritaires en nombre disposent de la majorité des voix à l’assemblée générale 540 voix contre 460 voix pour les fédérations unisports non olympiques, les fédérations multisports ou affinitaires, les fédérations scolaires et les membres associés. A noter que  les fédérations olympiques représentent  57 % des licenciés en France. La représentativité au sein de l’assemblée générale au sein de l’assemblée générale est donc respectée !

Mais sur le fond tels que sont rédigés les statuts du CNOSF, ce sont les fédérations olympiques qui donnent le tempo du mouvement sportif.

Un mouvement sportif dont la cheville ouvrière est le club. Un club éloigné du CNOSF puisque le mode d’élection au sein du CNOSF a ceci de particulier de marier plusieurs systèmes :

  • élection directe des présidents de club par les licenciés
  • élection directe et / ou indirecte des présidents de fédérations selon les cas pas les clubs, les licenciés, les comités voire un mixte entre club et licencié.  Le débat est toujours en cours dans la loi sport
  • élection directe du président du CNOSF par les présidents de fédération. 

Mais  l’élection du président du CNOSF,  représentant du mouvement sportif  ne repose pas sur un programme à destination des clubs et de leurs licenciés mais à destination des fédérations.

C’est toute l’ambiguïté de l’élection à la présidence du CNOSF de parler au nom du mouvement sportif c’est à dire des clubs et des licenciés mais d’être élus par des grands électeurs. Ce qui crée une forme de strabisme démocratique : clubs et licenciés sujets du CNOSF ne participent pas à sa légitimité. Le club est un alibi.

Dans ce contexte faut -il s’étonner que le club occupe aussi peu de place dans le programme des candidats ?

Quelle place pour le club sportif dans notre société ?

Quand on lit le programme des 4 candidats à la présidence du CNOSF, on voit que ce sujet pourtant central n’est qu’effleuré. Le club est conjugué à tous les enjeux santé, éducation, insertion, haut niveau, environnement. On fait jouer au club le rôle de couteau suisse pour régler tous les maux de la société. Cette vision du club est-elle la bonne ? Le club peut-il répondre à tous les enjeux ou plutot toutes les injonctions de ses financeurs et partenaires au risque d’y perdre son âme. A- t-il les moyens statutaires, humains d’expertise pour répondre à tous ces enjeux ? Dans leurs diversités les dirigeants le souhaitent- t-il d’ailleurs ?

Mesdames Messieurs les candidats à la présidence du CNOSF débattez de ce sujet central. Si le CNOSF souhaite faire entendre la voix du mouvement sportif, celle-ci doit être au diapason du club de demain. L’enjeu de ce mandat s’inscrit bien dans l’héritage de Paris 2024, un héritage qui dépasse le mouvement olympique pour s’adresser à tous les clubs.

A lire également CLUBS SPORTIFS : QUELLE REPRISE APRÉS LA CRISE ? UNE APPROCHE GÉNÉRATIONNELLE S’IMPOSE

24-05-2021 Pass’sport / Pass culture le sport est à sa place par Jean Claude Cranga et Patrick Bayeux

 

Le lancement du  pass’sport 2 jours avant  le pass culture par le président de la République Emmanuel Macron était-il un passage obligé pour faire taire les critiques envers un dispositif moins avantageux, en tout cas moins généreux : 100 M€ / 240 M€. L’absence de parallélisme au moins sur les montants entre les 2 dispositifs peut paraitre provocant. Mais finalement le monde du sport ne récolte t il pas là ce qu’il a  semé depuis plusieurs décennies.

https://patrickbayeux.com/editos/passsport-pass-culture-le-sport-est-a-sa-place-par-jean-claude-cranga-et-patrick-bayeux/


En effet le mouvement sportif n’a jamais été capable de peser politiquement, de créer un rapport de force contrairement à la culture. Et c’est un paradoxe.  Le mouvement sportif est structuré organisé avec à sa tête un comité olympique qui regroupe 108 fédérations,   160000 clubs 16 millions de licenciés. Pas une prise de parole d’un représentant du mouvement sportif sans que ces chiffres ne soient rappelés. De l’autre le monde de la culture, totalement éclaté sans organisation verticale, sans structure fédératrice mais qui, au final pèse beaucoup plus que le sport. T Rey d’ailleurs l’a bien compris lui qui veut faire de l’élection à la présidence du CNOSF une élection politique. 

Le sport ne fait pas l’opinion, la culture oui


Le monde du sport passe son temps à s’opposer. Sport licencié /  sport non licencié ; Fédérations délégataires / fédérations affinitaires ;   Sport /APS /  EPS ; Sport amateur / sport professionnel ; sport qui se pratique / sport qui se regarde ; Sport en club / sport hors club. D’ailleurs que ce soit l’Etat, le mouvement sportif ou les collectivités territoriales et aujourd’hui le monde économique, chacun défend sa capacité à répondre à tous les enjeux du sport, à satisfaire tous les publics et  toutes les formes de pratiques sportives. 

A force de vouloir répondre à tous les enjeux de la société : éducatif, social, intégration, identité, notoriété, économique, développement durable, écologie, santé, bien être, prévention des violence, lutte contre les incivilité, paritarisme,  le sport s’est perdu
Les acteurs de la culture eux se reconnaissent quelle que soit la nature de leur expression la finalité de leur action. Les acteurs de la culture font de la culture …. sans devoir se légitimer. 

La culture fait partie du patrimoine national, du prestige français ça ne se discute pas
Le sport doit toujours justifier son utilité.

 

Quand est-ce que les dirigeants sportifs prendront conscience que leur survie dépend de leur capacité de s’adresser aux français et non à leurs licenciés ou à leurs organisations ?  L’enjeu ce n’est pas la campagne pour la maîtrise du CNOSF L’enjeu c’est la pratique sportive des français ! (C’est pour cette raison que nous avions proposé lors du chantier gouvernance du sport le 5 mars 2018 une licence universelle, un passeport sportif dès l’entrée au CP avec un numéro de licence à vie, avec sa carrière sportive, ses expériences de bénévole, ses formations, son carnet médical. Libre à chacun de l’utiliser ou pas)
Ce qui manque au sport c’est un projet qui le dépasse sur lequel une politique publique pourrait s’appuyer. Ce bien communs nous avions imaginé qu’il soit construit au sein de l’agence nationale du sport par les acteurs eux mêmes.

Si la coupe d’Europe de foot et les JO rassemblent pour le spectacle qu’ils offrent ! donc c’est de la culture. 
Et si on dépassait   la santé par le sport (trop connoté prévention de la vieillesse) pour promouvoir le sport comme une hygiène de vie à tout âge.  Ça devrait dire quelque chose aux millions d’anciens confinés.

Robert Marchand est décédé.  Il a amélioré son record de l’heure à 102 ans …tout n’est donc pas perdu pour les millions de français sédentaires 

Alors avec ou sans coupon et autres pass’sports.

Bougeons nos muscles et nos neurones.  Sport et culture réconciliés (avant 2024 ?) : ça serait beau !*

A lire notre édito Le pass’sport une bonne nouvelle pour le mouvement sportif ?

17-05-2021 Le pass’sport une bonne nouvelle pour le mouvement sportif ? par Jean Claude Cranga et Patrick Bayeux

 

L’idée du pass’sport vient du mouvement sportif. Conçu comme un dispositif d’aide à l’achat de licence, il vise les familles les plus défavorisées, Mais au final ce passage d’une logique d’égalité à une logique d’équité va t-il se retourner contre le mouvement sportif en poussant le club à agir comme un prestataire de services ?

https://patrickbayeux.com/editos/le-passsport-une-bonne-nouvelle-pour-le-mouvement-sportif-par-jean-claude-cranga-et-patrick-bayeux/

Et si en poussant le pass’sport et donc le soutien aux personnes et pas aux clubs, le mouvement sportif avait (sans le vouloir) redonné la main à l’Etat sur la conduite de la politique publique du sport.

Au ministère des sports en tout cas on ne s’y est pas trompé. Le directeur des sports lors de la présentation devant un parterre de haut fonctionnaires avait clairement indiqué que ses services y jouaient leur crédibilité.

En soutenant les personnes le ministère va prendre les français à témoin sur son engagement pour le sport. Son action va être enfin lisible.

Mais, soutenir une personne (aujourd’hui défavorisée avec un quotient familial inférieur à 600 euros. ) pour acheter une licence c’est un signal faible qui amorce une tendance lourde.
– C’est d’abord entrer dans une logique de discrimination positive, désormais comme à l’université il y aura les bousiers et les autres. Pourquoi pas ? Mais c’est aussi inciter les clubs à pratiquer une politique inflationniste sur le prix des adhésions puisque les plus défavorisés seront soutenus par ailleurs.
– C’est ensuite le passage d’une logique d’équité à une logique d’égalité.

Le passage d’une logique d’équité à une logique d’égalité.

L’égalité aurait été de verser une aide à tous les jeunes d’une classe d’age, ce que réclamaient d’ailleurs certains élus. L’égalité fait échos au principe d’universalité d’accès à la pratique sportive.
L’équité c’est l’idée de l’égalité « juste » c’est accepter l’idée qu’on n’a pas tous les mêmes chances d’adhérer à un club. C’est aussi envoyer un message aux dirigeants et aux licenciés comme quoi l’égalité d’accès aux clubs ne relève plus de la seule responsabilité des clubs mais de celle de l’Etat.

Au delà le versement à la personne c’est déjà l’amorce d’une diminution du versement aux clubs. Fini le ruissellement sur le monde fédéral vive l’allocation aux pratiquants. Le club dans ce dispositif sera trés rapidement considéré comme un prestataire de services comme le secteur marchand du sport qui, déjà, revendique d’être éligible au dispositif pass’sport.

Dans cette affaire le ministère des sports (le dispositif est géré par le ministère et pas par l’agence nationale du sport) joue t-il les français, contre le monde fédéral ? l’avenir nous le dira.

Le pass sport fait entrer les clubs dans un double jeu de concurrence, entre les clubs eux-mêmes et entre les clubs et le secteur privé. Le pass’sport renforce le club comme prestataire de service oubliant ses racines associatives et prenant ses distances avec les notions d’adhésion au profit de l’achat d’une prestation.

Pensé initialement pour compenser la perte de licenciés, ce remède à court terme s’avérerait-il déstructurant pour le mouvement sportif à moyen et long terme ?

04-05-2021 Clubs sportifs : quelle reprise aprés la crise ? une approche générationnelle s’impose

 

La crise a mis en exergue les faiblesses du modèle sportif français et a accéléré les tendances. Une approche générationnelle (babyboomers, génération X Y Z et alpha) est indispensable et permet d’anticiper les effets de la crise sur la reprise dans les clubs. Le centre de gravité du club devra bouger pour donner naissance à un club hybride entre le club barcecue et le club « service / garderie » .

https://patrickbayeux.com/editos/clubs-sportifs-quelle-reprise-apres-la-crise-une-approche-generationnelle-simpose/

 

En un an le modèle sportif français a montré toutes ses faiblesses. La crise a accéléré des tendances déjà dessinées depuis plusieurs années. Perte d’influence du ministère des sports, éclatement de la solidarité entre sport amateur et sport professionnel. Pire le sport professionnel lui-même a éclaté en vol jusqu’à susciter la création d’une Union des fédérations des sports professionnels   en réponse à la tentative de création d’une ligue fermée européenne dans le foot. La représentativité du mouvement sportif est aux abonnés absents, c’est conjoncturel mais il est totalement mobilisé sur l’élection du futur président du CNOSF et préoccupé par la crise des cadres techniques ou la relance du sport (d’avant la crise) avec le passeport. Aujourd’hui le grand débat c’est comment gérer le pass sport sportif mais pas à quoi va t il servir … si ce n’est à reproduire le modèle passé. Sur le terrain, les licenciés ont déserté les clubs, la gouvernance du sport s’est enlisée. Un fiasco annoncé et déjà 2 rapports parlementaires sur le sujet alors que les conférences régionales ne sont pas toutes créées. Le secteur privé via l’Union Sport et cycle fait feu de tout bois.

Nous déplorions l’incapacité des acteurs du sport à porter collectivement une réflexion.  C’était pourtant nécessaire pour préparer la reprise qui s’annonce compliquée  Dommage .

Je pense que la reprise se fera différemment selon les tranches d’âges. Les séniors qui ont connu le club canal historique et qui seront vaccinés plébisciteront la réouverture des clubs. Et c’est un paradoxe, tous vaccinés ils seraient les premiers à pouvoir bénéficier d’une reprise à moindre risque, y compris pour le sport en salle. Pour les plus jeunes la situation sera plus compliquée on peut craindre un effondrement du taux de licenciés, pour les 20 40 la crise n’a fait que révéler et accélérer les tendances lourdes des dernières années, l’individualisation de la pratique, la consommation en tribu, l’ubérisation de la pratique

Explications

Il y a 1 an  j’avais imaginé 2 scénarios d’évolution aprés la crise QUEL SPORT EN 2030 ? 2 SCÉNARIOS POST COVID 19   

  • Le scénario de l’implosion – explosion
  • Le scénario de la raison

 Il n’a fallu que 6 mois pour que le scénario de l’implosion explosion se révèle. Les crises sont des accélérateurs de tendances, celle -i est pire que toutes les autres.  DU DÉCONFINEMENT AU RECONFINEMENT : LES 6 MOIS QUI ONT MARQUÉ L’EXPLOSION DU MODÈLE SPORTIF FRANÇAIS  

Dans ce contexte que va t il se passer en septembre ?

Différents experts et universitaires se sont livrés à l’exercice. Le plus complet nous l’avons trouvé dans un article publié dans Futures & Foresight Science. Des scientifiques du Cirad ont analysé 83 scénarios qui imaginent « le monde d’après », tous produits entre mars et avril 2020.  

60 % des scénarios analysés* s’appuient sur la croissance économique comme valeur centrale  donc une continuité et un retour progressif à la normal. Pour l’analyse les chercheurs se sont basés sur les quatre archétypes de Dator 

  • La continuité : les scénarios reposent sur une évolution fondée sur la croissance économique (60 % des scénarios étudiés)
  • L’effondrement : le modèle actuel s’effondre et la survie devient la valeur centrale (17 % des scénarios étudiés)
  • La discipline : d’autres valeurs  prennent le pas sur la croissance économique (redistribution, solidarité, écologie, etc.) (16 % des scénarios étudiés)
  • La transformation : le progrès technique transforme à tel point la société que les valeurs fondamentales du vivant s’en trouvent modifiées (intelligence artificielle, humain augmenté, téléportation…) (7 % des scénarios étudiés)

Une lecture générationnelle de l’impact de la crise sur la pratique sportive

Je pense que dans le domaine sportif la situation sera plus contrastée. Fragmentée.  La clé de lecture est generationnelle. Le confinement, la distanciation physique qui a conduit à la distanciation sociale a généré de nouveaux comportements, de nouveau réflexe, le repli sur soit et une consommation plus individualiste et distanciel ou au contraire une volonté farouche de retrouver le temps d’avant.

Pour les baby-boomer, les séniors,  les premiers vaccinés,  ce sera la continuitéet même le renforcement de la continuité, le plébiscite du club et de « l’indispensable temps saucisse merguez » pour reprendre l’expression de mon ami JC CRANGA. Les séniors mesurent le temps qui passe et vont souhaiter en profiter à fond.

La génération Y (1981 1995) née avec le numérique est totalement connectée avec les réseaux sociaux. Pour eux  c’est déjà la liberté et la flexibilité qui primaient. Le faible engagement collectif est le marqueur de cette génération. Leur pratique se fait en réseau, en communauté mais aussi de manière égocentrée, elle s’amplifiera. La finalité : pratiquer avec qui je veux sans contrainte. Le club s’éloigne. Pour eux  d’autres valeurs prennent le pas sur le reste c’est le scénario de la discipline.

Entre les 2 la génération X (61 – 80)  celle qui a connu la migration vers le numérique, et qu’on surnomme  les «  immigrants du numérique», celle qui a découvert internet à l’âge adulte mais qui garde le souvenir ému du club, de l’ambiance, de la fraternité. Ceux ci sont aujourd’hui tiraillé entre revivre le club barcecue et s’adapter à l’aire du temps en restant jeunes et tenter la pratique via le numérique, se retrouver sur les réseaux comme strava ou autre  running heroes. Ce n’est pas pour rien qu’on surnomme  cette génération les « sans repères », pour eux, pas d’évolution tranchée

La génération Z, née aprés 1995 est sans doute la plus impactée par la crise, génération d’adolescent et d’étudiant elle a trés mal vécue l’année écoulée.  Déjà totalement dépendant du numérique, la crise les a forcés à encore plus l’utiliser, cours en ligne, visio à gogo. Ils sont « au bout de leur vie » « la covid les a privés de leur jeunesse » . Leur priorité re vivre, se détendre profiter.  Des impatients qui se dispersent, mais à la recherche de valeurs et prêts à s’engager avec des formes d’engagements dits « post-It » c’est-à-dire de courte durée ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas sincères. Par rapport à la génération Y, ils se veulent beaucoup plus acteurs. Ce sont des « lutteurs » qui se moquent de cliver. Pour eux, l’individu ne doit pas se fondre dans le collectif mais le collectif doit se mettre au service de l’individu. Et sinon, on change de collectif pour en trouver un qui convient ou on change le collectif plus ou moins violemment. Moins conceptuels que les Y, ils ont des exigences-clés qui les démarquent (égalité , protection de l’environnement,   le groupe voire la communauté / les  valeurs d’universalisme, la reconnaissance de divers genres …) et des outils (le numérique), une solidité psychologique acquise avec la crise… Leur défaut : l’absence de revendication formalisée qui s’explique par leur volonté de concret. Du coup, ils sont aussi agiles et difficiles à cerner.  On est sur un scénario de transformation.

Quant à la génération alpha, les plus petits, ce sont les parents qui décident encore pour eux. Mais pendant le confinement les parents ont trouvé d’autres alternatives aux clubs. Certains disent déjà finalement la privation de sport en club pendant plusieurs mois n’a pas eu autant d’impact que ça sur mes enfants … mais aussi le temps passé dans les transports pour emmener le petit aux activités et l’attendre dans des installations parfois vétustes n’est finalement pas un temps aussi heureux que ça !  Heureusement comme le disait notre Ministre  des sports « le sport est un mode de garde. »  ….   Certains parents re inscriront leur bambin au club.

La crise facteur d’accélération de la bipolarisation des clubs sportifs.

Entre le club familial d’un coté (pour les babyboomer et les X ? ) et le club service garderie/ service  de l’autre (pour les Y, Z et alpha ? ), la crise a accentué la bipolarisation du positionnement des clubs. Même chose pour le sport professionnel entre d’un coté les sports les plus riches (ou les plus endettés) qui sont prêts à tout pour créer la scission avec les autres clubs.

Il y a donc un modèle de club sportif à ré inventer 

Pour les Y et les Z  le confinement a montré d’autre chemin pour vivre en tribu.  Le vivre ensemble a laissé place au vivre en réseau, les nouvelles habitudes prises par le confinement vont perdurer.  Le seul sport-plaisir ne suffira pas et pas sûre qu’ils n’adhèrent pas au barbecue s’ils trouvent un cadre sécurisant dans lequel ils sont responsabilisés… Le club à l’ancienne (le club barbecue) est-il   appelé à disparaitre de la mémoire collective et le club garderie / service restera-t-il limité à son service ?  Une chose est sure la digitalisation, même sophistiquée ne fabrique pas du lien social physique. 

L’exemple de la culture est édifiant de ce point de vue. Les réseaux sociaux rendent le rassemblement possible et satisfait aux besoins de concerts. Leurs organisations autorisées ou non n’exprime pas l’adhésion à une forme de musique particulière, de ce point de vue toutes les musiques se valent. Mais c’est le partage simultané des émotions qu’elle procure qui rassemble dans une appartenance même éphémère à un groupe. Cette approche générationnelle concerne également le sport qui se regarde.

Vers un club sportif hybride ?

L’erreur serait de penser comme le laisse croire certains propos des candidats à la présidence du CNOSF que le numérique réglera tout. Pas du tout, le numérique n’est qu’un support de communication. Non le sujet est bien plus fondamental, il interroge la place du club dans la société. L’offre digitale portée par le mouvement sportif pourra en effet proposer des pratiques collectives renouvelées. Cela sera-t-il suffisant ? suffira -t -il de digitaliser la prise de licence pour en augmenter le nombre ?

Il se pourrait que le mouvement sportif soit contraint d’aller bien au-delà et de sortir de son enclos, de son entre soit institutionnel pour exister plus largement dans la société pour devenir un acteur de poids dans la communauté nationale …pour le moment il ne s’adresse qu’aux siens.

Une chose est sure c’est qu’avec cette crise le centre de gravité du club devra se déplacer.

Un repli sur son histoire lui serait sans doute fatal. Problème le sport est aujourd’hui pensé à son plus haut niveau par des dirigeants qui ont la nostalgie du club d’antan (les baby-boomers et la génération X). Pour survivre le club hybride devra avant tout s’adapter aux besoins de chaque génération.

dimanche 31 janvier 2021

31-01-21 Mes vœux pour 2021 : Décideurs du sport, donnez-nous envie d’avoir envie

 Il y a un an j’ai fait un rêve

2020-01-21 ce dont j’avais révé pour l’année 2020

 

Un rêve dans lequel les acteurs du sport avaient construit une vision commune du sport comme un bien commun, un rêve dans lequel les parlementaires avaient validé un budget permettant d’atteindre les engagements pris par le gouvernement 1 du sport sous l’ère Macron : 80 médailles aux JO en 2024 et 3 millions de pratiquants, un rêve dans lequel les collectivités qui n’ont pas souhaité répartir des compétences entre elles, ni désigner de chefs de file, ont mis en place une spécialisation « à la carte » des différents acteurs, un rêve dans lequel à l’école le sport a été déclaré pratique prioritaire jusqu’aux JO, …

La crise sanitaire a transformé mon rêve en cauchemar.

 

Cette année j’ai appris que

 

-        « Le sport ne sera pas prioritaire dans notre société » selon Roxana Maracineanu  L’équipe   du 22 avril 2020

-        Qu’un tweet  était plus efficace qu’une pétition du mouvement sportif. C’est Tony Parker en alertant le président de la république qui a obtenu la réunion des acteurs du sport  à l’Élysée. Réunion qui a débouché sur une enveloppe de 400 M€. Plus efficace que la pétition du mouvement sportif qui lui, n’a jamais été reçu à l’Élysée pour parler gouvernance du sport

-        Que le sport pro n’était pas solidaire sauf le foot qui a retrouvé son unité pour taper sur Média pro. Une unité qui pourrait à nouveau exploser dans les prochains jours au vu des résultats du nouvel appel d’offre de la LFP.

-        Que l’ANS fonctionnait comme une copie conforme du CNDS « Un point n’a visiblement pas été compris. L’agence sous forme de GIP n’a pas pour objectif de distribuer les financements de l’Etat au niveau national et encore moins de reproduire le fonctionnement de l’agence nationale sur le territoire…/… Hors aujourd’hui l’agence reproduit le fonctionnement du CNDS  (Pendant le confinement, retour sur la gouvernance du sport - Épisode 4 : Une mise en œuvre chaotique (seconde partie) )

-        Que les acteurs du sport étaient capables de s’unir pour demander et gérer les moyens … communiqué de presse ANDES     mais pas pour porter une vision commune de la place du sport dans la société (aucun débat sur cette vision commune n’a encore été engagé).

-        Que la nouvelle gouvernance du sport sur les territoires aurait été trés utile pour gérer la crise sanitaire si elle avait été mise en place rapidement c’est à dire il y 2 ans conformément au rapport sur la nouvelle gouvernance du sport. 
19-12-04  Gouvernance du sport sur les territoires : une usine à gaz qui inquiète !         
  
 
20-12-23 Organisation territoriale du sport : un rapport qui ajoute des tuyaux à l’usine à gaz

-        Que le ministère des sports ne pesait pas dans les décisions de crise et qu’il avait toujours un temps de retard

-        Que l’organisation des JO allait être externalisée Les echos 3 décembre 2020   alors que depuis 10 ans on ne cesse de mettre en avant le savoir faire français dans l’organisation des évènements internationaux et l’héritage qui représente ce type d’évènements, …. nous y reviendrons mais nous préférons le choix de la coupe du monde de rugby avec Campus 2023.

-        Que les secondes lignes du sport ont été oubliées et se rebiffent   2020-11-26 La deuxième ligne du sport oubliée : ça chauffe dans les quartiers

-        Que les JO ne faisaient plus rêver les japonais (80 % des Japonais sont pour un report ou une annulation Ouest France)  et toujours pas les partenaires français  (Franc jeux )

-        Que certaines fédérations ont reçu des aides dans le cadre du fonds d’urgence alors qu’elle disposait d’un compte en banque largement fourni !  Le critère réserves financières n’était pas un critère demandé pour toucher une aide ...

-        Qu’il n’y aurait pas de loi sport et société. Les parlementaires LRM ont revu leurs ambitions à la baisse et ne parle plus que d’une loi sport et société mais d’une loi visant à démocratiser le sport en France (Assemblée nationale)

 

Il y a 6 mois j’ai fait un vœu

 

En espérant que parmi 2 scénarios :  celui de l’implosion explosion du modèle sportif français et, celui de la raison, le second s’impose.  2020-05-12 Quel sport en 2030 ? 2 scénarios post Covid 19

 

Tout en étant lucide toutefois « Le scénario implosion/explosion semble le plus vraisemblable à moins que la pandémie agisse comme un révélateur de l’intelligence collective. »  Je lançais alors  « un appel pour la création d’un grand plan de relance concerté entre tous les acteurs du sport »  tout en m’interrogeant « Les acteurs du sport sont -ls capables de se mobiliser pour se réinventer. A eux de choisir leur scénario. «

 

Puis il y a  3 mois j’ai fait un cauchemar

 

2020-11-10 Du déconfinement au reconfinement : les 6 mois qui ont marqué l’explosion du modèle sportif français

 

Les acteurs n’ont pas anticipé la seconde vague de la crise sanitaire et donc ils l’ont subie de plein fouet.

On aurait pu imaginer pendant l’été qu’un travail collectif soit conduit sous l’égide de l’Agence nationale du sport, c’est pour ça qu’elle a été créée ! C’est clairement indiqué dans ses statuts : « un modèle partenarial entre l’Etat, le mouvement sportif, les collectivités territoriales et leurs groupements et les acteurs du monde économique, dans le cadre d’une profonde évolution du modèle sportif français, dans le respect du rôle de chacun ».

Mais non rien. Aucune vision, aucune stratégie, aucune anticipation.

Un ministère des sports à la ramasse, la supplique du mouvement sportifs, le sport pro en quasi burn out, La gouvernance du sport sur les territoires : une usine à gaz sans gaz… … un CNDS territorial bis avec 10 fois moins de moyens qui coûtera 10 fois plus cher

 

Mais ce n’était pas un cauchemar c’était la réalité   « Le sport n’est qu’un mot »

 

 

Aujourd’hui j’angoisse….

 

-        Le ministère des sports est coulé. Son rattachement au ministère de l ‘éducation nationale l’a définitivement relayé aux seconds rôles. Et pourtant j’y ai cru  2020-07-07 Le sport dans l’acte II du quinquennat Macron : un casting de rêve !

-        Le mouvement sportif est en campagne. Chacun compte ses soutiens, les grandes manœuvres sont lancées pour remplacer Denis Masseglia. Mais l’important c’est de conserver son strapontin au banquet des dirigeants du sport français et continuer d’exister dans la prochaine olympiade.

-        Les collectivités sont engluées entre élection à venir, création des conférences régionales, incompréhension sur les conférences des financeurs manque de leadership au niveau national

-        L’ANS compte ses sous et définit critère sur critère pour les distribuer légitimant ainsi son administration...

-        Le secteur privé est à l’arrêt.

-        Les clubs sportifs tendent le dos pour la rentrée prochaine. Une rentrée qui permettra de vérifier si les licenciés sont de vrais adhérents militants qui ne demandent pas une ristourne au titre de la saison 2019 2020 au titre d’une saison avortée. On va pouvoir évaluer jusqu’où les clubs et les fédérations ne sont pas devenus des marchands de sport. On va pouvoir évaluer également ce que les français attendent des organisations sportives et de leur niveau d’adhésion à cette idée du bien commun.

-        Quant à la gouvernance sur les territoires tout reste à construire  Difficile de comprendre pourquoi on est arrivé à une telle complexité si ce n’est d’avoir confondu compétences et financement d’une part, concertation et décision d’autre part.  2020/02/19 [Gouvernance du sport sur le territoire] Deux confusions majeures : compétences et financements, concertation et décision ! Au final l’Etat veut s’occuper de tout sans en avoir les moyens.  De fait les collectivités tout comme le mouvement sportif ne se coalisent que pour demander des crédits à l’État alors que le mouvement sportif a récupéré l’ex part territoriale du CNDS pour construire des politiques fédérales territorialisées en lien avec les territoires…

Aujourd’hui c’est un échec alors que ces structures se voulaient agiles et réactives (ce qui aurait été adapté pour gérer la crise sanitaire) et opérationnelles pour préparer les jeux … on en est loin

 

Mais j’ai entrevu une lueur d’espoirs

 

Des lois sont en cours de vote au parlement que ce soit celle sur l’abandon de la tutelle de l’Etat au profit d’un contrôle (Loi confortant les principes de la république) , ou encore celle sur visant à démocratiser le sport en France  (Assemblée nationale)

Sur la haute performance, les lignes commencent à bouger pour passer d’une logique administrative à une logique de management.

Des avancées aussi sur le sport en entreprise où la pratique ne sera plus considérée comme un avantage en nature, sur le sport santé avec la mobilisation des acteurs sur certains territoires.

 

….  Alors pour 2021  je rêve éveillé: Donnez nous envie d’avoir envie

 

Mesdames messieurs les décideurs donnez nous envie d’avoir envie.   Aujourd’hui on ne peut plus dire c’est la faute de l’autre. L’agence nationale du sport a été créée pour porter une vision, pour donner envie de pratiquer, pour préparer l’avenir.

Plus question aujourd’hui de dire c’est la faute de l’autre (bien souvent de l’Etat) trop facile

L’Etat n’a pas la majorité au sein de l’agence que je sache

Alors prenez vos responsabilités.

Racontez nous l’histoire post Covid au moins jusqu’au JO  paris 2024. Re inventez vous. Reconstruisez le modèle sur les cendres du Covid

 

Vous avez gagné la bataille de la représentativité (au risque de totalement perdre en lisibilité),  vous avez tous une place autour de la table des décideurs. Alors maintenant menez la bataille de la légitimité et faites souffler le vent du de l’intérêt général, du partage, de la solidarité ... Reveillez-vous faites nous réver, les jeux c’est dans 3 ans et demi.

 

Être ensemble c’est fait !   Mais maintenant il faut passer d’un modèle  du être ensemble au modèle du  faire ensemble...sinon c’est faire semblant.

 

Je vous souhaite une belle année 2021.