Il y a un an j’ai fait
un rêve
2020-01-21
ce dont j’avais révé pour l’année 2020
Un
rêve dans lequel les acteurs du sport avaient construit une vision commune du
sport comme un bien commun, un rêve dans lequel les parlementaires avaient
validé un budget permettant d’atteindre les engagements pris par le
gouvernement 1 du sport sous l’ère Macron : 80 médailles aux JO en 2024 et 3
millions de pratiquants, un rêve dans lequel les collectivités qui n’ont pas
souhaité répartir des compétences entre elles, ni désigner de chefs de file,
ont mis en place une spécialisation « à la carte » des différents acteurs, un
rêve dans lequel à l’école le sport a été déclaré pratique prioritaire
jusqu’aux JO, …
La
crise sanitaire a transformé mon rêve en cauchemar.
Cette année j’ai
appris que
-
«
Le sport ne sera pas prioritaire dans notre société » selon Roxana Maracineanu L’équipe du 22 avril 2020
-
Qu’un
tweet était plus efficace qu’une
pétition du mouvement sportif. C’est Tony Parker en alertant le
président de la république qui a obtenu la réunion des acteurs du sport à l’Élysée. Réunion qui a débouché sur une
enveloppe de 400 M€. Plus efficace que la pétition du mouvement sportif qui lui,
n’a jamais été reçu à l’Élysée pour parler gouvernance du sport
-
Que
le sport pro n’était pas solidaire sauf
le foot qui a retrouvé son unité pour taper sur Média pro. Une unité qui
pourrait à nouveau exploser dans les prochains jours au vu des résultats du
nouvel appel d’offre de la LFP.
-
Que l’ANS fonctionnait comme une
copie conforme du CNDS « Un point n’a visiblement
pas été compris. L’agence sous forme de GIP n’a pas pour objectif de distribuer
les financements de l’Etat au niveau national et encore moins de reproduire le
fonctionnement de l’agence nationale sur le territoire…/… Hors aujourd’hui
l’agence reproduit le fonctionnement du CNDS
(Pendant
le confinement, retour sur la gouvernance du sport - Épisode 4 : Une mise en
œuvre chaotique (seconde partie) )
-
Que les acteurs du sport étaient capables de s’unir pour demander
et gérer les moyens … communiqué
de presse ANDES mais pas pour porter une vision commune de la
place du sport dans la société (aucun débat sur cette vision commune n’a encore
été engagé).
-
Que la nouvelle gouvernance du
sport sur les territoires aurait été trés utile pour gérer la crise sanitaire
si elle avait été mise en place rapidement c’est à dire
il y 2 ans conformément au rapport sur la
nouvelle gouvernance du sport.
19-12-04 Gouvernance du sport sur les
territoires : une usine à gaz qui inquiète !
20-12-23
Organisation territoriale du sport : un rapport qui ajoute des tuyaux à l’usine
à gaz
-
Que le ministère des sports ne pesait pas dans les décisions de
crise et qu’il avait toujours un temps de retard
-
Que l’organisation des JO allait
être externalisée Les
echos 3 décembre 2020 alors que depuis 10 ans on ne cesse de mettre
en avant le savoir faire français dans l’organisation des évènements
internationaux et l’héritage qui représente ce type d’évènements, …. nous y
reviendrons mais nous préférons le choix de la coupe du monde de rugby avec Campus 2023.
-
Que les secondes lignes du sport
ont été oubliées et se rebiffent
2020-11-26
La deuxième ligne du sport oubliée : ça chauffe dans les quartiers
-
Que les JO ne faisaient plus rêver les japonais (80 % des Japonais
sont pour un report ou une annulation Ouest
France) et toujours pas les
partenaires français (Franc
jeux )
-
Que certaines fédérations ont reçu des aides dans le cadre du
fonds d’urgence alors qu’elle disposait d’un compte en banque largement fourni
! Le critère réserves financières n’était pas un critère
demandé pour toucher une aide ...
-
Qu’il n’y aurait pas de loi sport et société. Les parlementaires
LRM ont revu leurs ambitions à la baisse et ne parle plus que d’une loi sport
et société mais d’une loi visant à démocratiser le sport en France (Assemblée
nationale)
Il
y a 6 mois j’ai fait un vœu
En
espérant que parmi 2 scénarios : celui
de l’implosion explosion du modèle sportif français et, celui de la raison, le
second s’impose. 2020-05-12
Quel sport en 2030 ? 2 scénarios post Covid 19
Tout
en étant lucide toutefois « Le scénario implosion/explosion semble le plus
vraisemblable à moins que la pandémie agisse comme un révélateur de
l’intelligence collective. » Je
lançais alors « un appel pour la
création d’un grand plan de relance concerté entre tous les acteurs du
sport » tout en m’interrogeant
« Les acteurs du sport sont -ls capables de se mobiliser pour se
réinventer. A eux de choisir leur scénario. «
Puis
il y a 3 mois j’ai fait un cauchemar
2020-11-10
Du déconfinement au reconfinement : les 6 mois qui ont marqué l’explosion du
modèle sportif français
Les
acteurs n’ont pas anticipé la seconde vague de la crise sanitaire et donc ils
l’ont subie de plein fouet.
On
aurait pu imaginer pendant l’été qu’un travail collectif soit conduit sous
l’égide de l’Agence nationale du sport, c’est pour ça qu’elle a été
créée ! C’est clairement indiqué dans ses statuts : « un modèle
partenarial entre l’Etat, le mouvement sportif, les collectivités territoriales
et leurs groupements et les acteurs du monde économique, dans le cadre d’une
profonde évolution du modèle sportif français, dans le respect du rôle de
chacun ».
Mais
non rien. Aucune vision, aucune stratégie, aucune anticipation.
Un
ministère des sports à la ramasse, la supplique du mouvement sportifs, le sport
pro en quasi burn out, La gouvernance du sport sur les territoires : une usine
à gaz sans gaz… … un CNDS territorial bis avec 10 fois moins de moyens qui
coûtera 10 fois plus cher
Mais
ce n’était pas un cauchemar c’était la réalité
« Le
sport n’est qu’un mot »
Aujourd’hui
j’angoisse….
-
Le ministère des sports est coulé. Son rattachement au ministère de l
‘éducation nationale l’a définitivement relayé aux seconds rôles. Et pourtant
j’y ai cru 2020-07-07 Le sport dans l’acte II du
quinquennat Macron : un casting de rêve !
-
Le
mouvement sportif est en campagne.
Chacun compte ses soutiens, les grandes manœuvres sont lancées pour remplacer
Denis Masseglia. Mais l’important c’est de conserver son strapontin au banquet
des dirigeants du sport français et continuer d’exister dans la
prochaine olympiade.
-
Les
collectivités sont engluées
entre élection à venir, création des conférences régionales, incompréhension
sur les conférences des financeurs manque de leadership au niveau national
-
L’ANS
compte ses sous et définit critère sur critère
pour les distribuer légitimant ainsi son administration...
-
Le
secteur privé est à l’arrêt.
-
Les
clubs sportifs tendent le dos
pour la rentrée prochaine. Une rentrée qui permettra de vérifier si les
licenciés sont de vrais adhérents militants qui ne demandent pas une ristourne
au titre de la saison 2019 2020 au titre d’une saison avortée. On va pouvoir
évaluer jusqu’où les clubs et les fédérations ne sont pas devenus des marchands
de sport. On va pouvoir évaluer également ce que les français attendent des
organisations sportives et de leur niveau d’adhésion à cette idée du bien commun.
-
Quant
à la gouvernance sur les territoires tout reste à construire …
Difficile de comprendre pourquoi on est arrivé à une telle complexité si
ce n’est d’avoir confondu compétences et financement d’une part, concertation
et décision d’autre part. 2020/02/19 [Gouvernance du sport
sur le territoire] Deux confusions majeures : compétences et financements,
concertation et décision ! Au
final l’Etat veut s’occuper de tout sans en avoir les moyens. De fait les collectivités
tout comme le mouvement sportif ne se coalisent que pour demander des crédits à
l’État alors que le mouvement sportif a récupéré l’ex part territoriale du CNDS
pour construire des politiques fédérales territorialisées en lien avec les
territoires…
Aujourd’hui c’est un échec alors que ces structures
se voulaient agiles et réactives (ce qui aurait été adapté pour gérer la crise
sanitaire) et opérationnelles pour préparer les jeux … on en est loin
Mais j’ai entrevu une lueur d’espoirs
Des lois sont en cours de vote au parlement
que ce soit celle sur l’abandon de la tutelle de l’Etat au profit d’un contrôle
(Loi
confortant les principes de la république) , ou encore celle sur visant à
démocratiser le sport en France (Assemblée
nationale)
Sur la haute performance, les lignes
commencent à bouger pour passer d’une logique administrative à une logique de
management.
Des avancées aussi sur le sport en entreprise
où la pratique ne sera plus considérée comme un avantage en nature, sur le
sport santé avec la mobilisation des acteurs sur certains territoires.
…. Alors pour 2021 je rêve éveillé: Donnez nous envie d’avoir
envie
Mesdames
messieurs les décideurs donnez nous envie d’avoir envie. Aujourd’hui on ne peut plus dire c’est la
faute de l’autre. L’agence nationale du sport a été créée pour porter une
vision, pour donner envie de pratiquer, pour préparer l’avenir.
Plus
question aujourd’hui de dire c’est la faute de l’autre (bien souvent de l’Etat)
trop facile
L’Etat
n’a pas la majorité au sein de l’agence que je sache
Alors
prenez vos responsabilités.
Racontez
nous l’histoire post Covid au moins jusqu’au JO
paris 2024. Re inventez vous. Reconstruisez le modèle sur les cendres du
Covid
Vous
avez gagné la bataille de la représentativité (au risque de totalement perdre
en lisibilité), vous avez tous une place
autour de la table des décideurs. Alors maintenant menez la bataille de la légitimité et faites souffler le vent
du de l’intérêt général, du partage, de la solidarité ... Reveillez-vous faites
nous réver, les jeux c’est dans 3 ans et demi.
Être ensemble c’est fait !
Mais maintenant il faut
passer d’un modèle du être ensemble au
modèle du faire ensemble...sinon c’est
faire semblant.
Je vous souhaite une belle année 2021.